[Les Echos] DBT, la pépite française des bornes électriques, se lance en bourse

La PME familiale a déployé le réseau de bornes de recharge rapide de Nissan en Europe.

 

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Il y a quelques jours seulement, Hervé Borgoltz se posait encore toutes les questions du monde. Est-ce le bon choix ? La soixantaine de salariés comprend-elle la démarche ? Mais maintenant les dés sont jetés. DBT, spécialiste des bornes de recharge pour véhicules électriques, ouvre ce lundi le processus de souscription qui le mènera à la Bourse de Paris. « C’est le moment d’accélérer. Notre marché décolle vraiment », affirme le PDG de la société. Sur Alternext, l’entreprise douaisienne pense lever environ 8,7 millions d’euros (et au maximum 11,5 millions), pour une valorisation approchant les 30 millions d’euros. Première cotation prévue le 23 décembre.

Cette manne servira à doper la croissance de cette PME muée en start-up, ou presque. Depuis 2012, DBT a installé 1.533 bornes à charge rapide en Europe, soit environ 65 % du parc actuel. Une flotte de pompes puissantes comme 20 fours de cuisine poussés à fond, à même de « charger » 150 kilomètres de conduite en une vingtaine de minutes (contre six à huit heures avec une borne Autolib’). Grâce à elles, DBT connaît un essor certain, son chiffre d’affaires passant en trois ans de 7 à 17 millions d’euros – dont 13 grâce à la vente de bornes rapides, leurs prix variant entre 15 et 30.000 euros. Assez pour afficher une marge brute de 25 %.

« Disposer d’une base solide en Europe »

Vétéran des équipements électriques (DBT fait des bornes depuis 1992), la petite entreprise familiale d’Hervé Borgoltz revoit son modèle en 2011, en lançant sa première levée de fonds (4,5 millions d’euros). L’opération avait attiré le regard de Nissan, qui cherchait alors un partenaire pour déployer son réseau de recharge européen. Ce sera DBT. Mais « on ne voulait surtout pas faire que de la distribution », raconte Hervé Borgoltz. Très vite, avec l’aval du groupe japonais, ses ingénieurs mettent au point une borne universelle, supportant les trois standards du marché (ceux de Nissan et PSA, des marques allemandes et de Renault et Tesla). Sur leur lancée, ils développent en 2013 un logiciel lissant la charge rapide (il ne faut pas abîmer les différents modèles de batteries), puis un autre pour gérer à distance l’entretien du parc – et le système de facturation.

Ces derniers mois, Hervé Borgoltz et DBT ont accueilli un directeur général adjoint, Olivier Delassus, transfuge de Transdev. Le duo a pour mission de faire face à des concurrents comme ABB, le portugais Efacec ou le français Lafon, de concevoir des équipements plus puissants, de développer des services connexes et d’installer 10.000 bornes d’ici à 2020 en Europe – leur objectif. « L’idée de l’IPO, c’est de disposer d’une base solide en Europe avant d’aller aux Etats-Unis. Je connais, j’ai fait des études à Berkeley », sourit Hervé Borgoltz, comme pour se convaincre une dernière fois.